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Anecdotes sur la Vallée de Villé pendant la Seconde Guerre Mondiale – 2/3

Poursuivons aujourd’hui, en compagnie de Pauline notre série d’articles sur les secrets méconnus de notre Vallée pendant la deuxième guerre mondiale.

Cachettes insolites et ingénieuses des incorporés de force

A partir du débarquement allié en Normandie, vers la fin de la guerre, beaucoup de soldats incorporés de force sentant approcher le dénouement final du conflit ont commencé à déserter pour rejoindre le camp ami et il devint de plus en plus d’actualité de fuir les rangs de la Wehrmacht. Les permissionnaires de retour au pays ont aussi envisagé de ne pas regagner leurs unités et de se cacher jusqu’à la libération.

« Théophile Maire et Eloi Meyer, cachés dans la ferme d’Edouard Deybre, aidaient en échange aux travaux de la terre. En cet été 1944, ce fut le premier à avoir fini les foins et la cueillette des cerises, grâce aux deux jeunes gens, déguisés en femmes pour grimper aux échelles. » -Témoignage de Freddy Dietrich

Au bout de quelques semaines ou mois, les réfractaires changeaient de lieu d’accueil. A partir de septembre, la plupart iront se réfugier en forêt car les fermes ne sont plus des lieux sûrs et se feront ravitailler par les villageois faisant semblant d’aller à la cueillette des champignons, au ramassage des fougères ou du bois mort.

A Villé on recense le cas de Paul Bolle, ancien passeur très actif dans la filière Haubtmann :

« Démasqué en 1943, il est interné au camp de Schirmeck-La Broque jusqu’au printemps 1944. De retour à Villé, et craignant son imminente incorporation dans la Wehrmacht, il prend immédiatement le maquis et part se cacher dans les forêts de l’Ungersberg qu’il connaît bien pour y avoir souvent chassé. Avec un autre réfractaire originaire d’Andlau et un prisonnier russe évadé, il aménage une hutte dans un sapin, à plusieurs mètres de hauteur et invisible depuis le sol. On ne réussissait à y accéder qu’en grimpant à un autre arbre, puis en passant de cime en cime jusqu’à l’abri. Les trois compères y restent cachés près de 6 mois durant, ravitaillés par des complices. » -Témoignage de René Deschamps

Source photo : wikipédia

La Libération, poêle à frire & destin tragique de l’eau de vie

Lors de l’arrivée des alliés américains dans la vallée, l’infanterie allemande a répliqué en aménageant différentes poches de résistance. Au fil des jours, les américains neutralisèrent les points de résistance allemands à l’obus et à la mitrailleuse. Petit à petit les Gi’s (soldats de l’armée américaine) libérèrent la vallée.

« Le 29 Novembre 1944, des unités d’infanterie américaine, nettoyant les environs, faisaient encore des prisonniers isolés. Les Gi’s se terraient pendant la nuit dans des trous individuels pour se protéger. On en voit encore des traces dans la forêt des pins. » -Témoignage d’Antoine Fuchs

Les troupes américaines, riches en matériel, aident à la réparation des câbles électriques, lignes aériennes de téléphone et de la distribution d’eau.

« D’énormes engins de levage et de nivelage venaient à bout des barrages antichar, déversant les grosses grumes en contrebas des routes et des talus. Il restait le problème des mines anti-personnel, autour des barrages, dans les fossés et les routes, les lisières de forêt. Des spécialistes en détection avec des poêles à frire ratissaient les abords des routes, placardant par intervalle sur les arbres des panonceaux ‘Mines Clear’. » -Témoignage d’Antoine Fuchs

Fin novembre 1944. Le front se rapproche de plus en plus de la Vallée de Villé. Des officiers supérieurs sont de passage au village de Neubois, visiblement ils se replient.

« Ce jour-là, notre voisin Jean-Louis creusa un trou dans le potager pour y loger une énorme bonbonne d’eau-de-vie qu’il venait de distiller, craignant que les soldats ne la lui vident. » Finalement, une semaine après « deux obus ont touché la propriété de notre voisin : l’un s’est écrasé sur le hangar de la maison et l’autre, devinez où ? Oh ironie du sort ! A l’endroit précis où se trouvait cachée la bonbonne de schnaps. Il n’en restait que des débris de verre et des morceaux d’osier tressé. Le précieux liquide avait abreuvé la terre du potager. Quel dommage ! » -Témoignage de Joseph Munsch

Voilà la fin de ce deuxième article sur les anecdotes marquantes dans notre vallée lors de la seconde guerre mondiale.
Nous remercions Pauline que nous avons hâte de retrouver pour le troisième et dernier volet de cette série.

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